J’avais 11 ans lorsque j’ai pris mes premières photos avec le Semflex 6x6 de mon père dans la brousse de Côte d’Ivoire où mes parents étaient boulangers. Serpents, singes, mangoustes ou phacochères ont été mes premiers modèles. Les réglages se faisaient ‘’au pifomètre’’ faute de cellule pour régler l’exposition. Quelques années plus tard, j’ai parfait mes connaissances acquises ‘’sur le tas’’ en suivant les cours de l’Institut Français de Photographie, collectionnant les prix dans les concours. 

J’ai touché à la photo de spectacle en ‘’pigeant’’ pour le concurrent de Salut les Copains, Hit Magasine. Puis j’ai tâté de la photo de mariage avant de me consacrer à la photocomposition dans l’ombre d’Albert Hollenstein, un suisse au charisme incroyable qui venait de mettre au point un programme de création de caractères qui allait révolutionner la mise en page  d’innombrables tabloïds en quadrichromie. Le décès de mon mentor suisse entrainait la disparition de ses ateliers. Il était temps de reprendre mon appareil photo...

C’est par le laboratoire que je suis revenu dans le milieu de la photo en intégrant l’hebdomadaire Spécial-Dernière fondé par Bill Higgins. Regard bleu métallique, tonsure blanche soigneusement entretenue, Bill  ne portait que des costumes de flanelle. Mon rédac-chef, carte de presse numéro 246, me permit de sortir de la chambre noire à la mort de Brassens, faute de photographe disponible. Inquiet du fait que j’allais me retrouver confronté à de redoutables confrères prêts à tout pour avoir la meilleure image, il avait longuement hésité à me laisser partir. À mon retour, après avoir visionné les planches-contacts, il me félicitait et me confiait que je venais de gagner mes galons de reporte-photographe.

C’est à Détective que j’allais sévir les 20 années suivantes entrecoupées d’un passage de 5 ans à TF1. En 1998, la rencontre avec Richard Freeman, militaire américain retraité et marié à Mimi, française d’origine, allait me pousser à assouvir durant de nombreux voyages à travers les USA cette envie de photographier qui n’avait jamais cessé de sommeiller en moi. 

Une commerçante dormant dans sa sandwicherie avant le coup de feu du midi, un boxeur traversant la rue gants de boxe aux poings et feutre sur la tête me permettaient de découvrir l’extravagance de New York. Un ours sortant à quelques mètres de moi au Yellowstone me rapprochait des panoramas admirés dans les westerns de mon enfance : de Monument Valley en Arizona à White Sands, le  désert de sable blanc de la Chevauchée Fantastique situé au Nouveau Mexique. 

Aujourd’hui retraité, c’est avec plaisir que j’ai décidé de partager avec vous les photos de ces gens et endroits qui m’émerveillent à chacun de mes voyages….

I was eleven years old when I took my first pictures with my father's Semflex 6x6, down in the Ivory Coast's bush, where my parents ran a bakery.
Horned vipers, Mambas, Mongoose were my first models. Settings were done "gut check style", because of the lack of photocell to setup exposition.
A few years later, I honed my skills learned "on the spot", by attending classes at the Institut Francais de Photographie (French Photography Institute), obtaining 
a few contest prizes along the way.
I dabbled in showbusiness pictures by "freelancing" for Hit Magazine, a Salut les Copains competitor. Then tried Wedding Photos, before focusing on photocomposition, mentored by Albert Hollenstein, an incredibly charismatic Swiss who had just developped a program to create and distribute fonts, which would convert the page layouts of many tabloïds into glorious four-colour process.
The death of my Swiss mentor brought the closure of his workshops. It was time to take my camera again. It is through Laboratory work that I came back to photography, joining the weekly Special-Derniere, funded by Bill Higgins, who raised it to a weekly million copy sold.Bill Higgins, a steely blue eyed man, white hair slightly balding but always freshly cut, only wore flannel suits. My chief editor, press card number 246, allowed me to get out of the lab following Georges Brassens's death, because no photographer was available. While I worried about being confronted with formidable peers ready to do anything to get the best images, when I came back he rubbed his balding head at length while browsing through  the index prints, congratulated me in the end and telling me I just had earned my photoreporter status.
It is at Detective that I would spend the next 20 years, with a 5 years stint at TF1 within that time.
In 1998, my meeting with Richard Freeman, a retired US Marine married to Mimi, a french native, would encourage me via many trips to the US, to practice this kind of photography I always had deep within myself. A store owner sleeping in her sandwich shop before the noon service, a boxer crossing the streets with boxing gloves on and a sharpie on his hat would make me discover New-York extravaganza. A wild bear walking within a few feet of me in Yellowstone would remind me of the sceneries seen in my childhood Western movies: frome Monument Valley in Arizona to White sands, the New Mexico desert seen in Stagecoach. Now retired, it is with great pleasure I decided to share with you the pictures of the people and places that fascinate me...